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Un moment suspendu : le parcours du labyrinthe

J’ai souvent entendu parler de ce parcours, je me suis dit qu’il fallait tenter l’expérience : parcourir le labyrinthe de Chartres, comme le faisaient les pèlerins au moyen-âge.

 

Un parcours possible tous les vendredis du Carême à la Toussaint

Rendez-vous fixé dans mon planning chargé, juste à la fin d’une semaine de folie : cela tombe bien, le labyrinthe est dégagé tous les vendredis depuis le Carême jusqu’à la Toussaint, entre 10h et 17h. Je me dis que la meilleure heure, c’est midi, à l’heure du déjeuner pour beaucoup.

Bien m’en a pris, nous sommes nombreux à avoir eu cette idée et ce vendredi, le labyrinthe affiche presque complet. J’hésite encore. Je regarde quelques instants les personnes qui le parcourent, en plein recueillement, comme habités. Je me dis alors : ça n’est pas pour moi. Trop spirituel pour la "toujours pressée" que je suis. Malgré tout, la tentation est grande. J’ai réellement envie de vivre l’expérience des pèlerins du 13e siècle, de cheminer sur ce parcours quasi millénaire foulé par des millions de pieds, et de ressentir la cathédrale. Je me lance.

 

 

Prendre son temps et comprendre le message de la cathédrale

L’entrée du chemin se fait en bas de la nef. Mon pas se fait d’abord hésitant, puis pressée d’accomplir cette route vers le centre du labyrinthe. J’accélère un peu. Erreur, quelqu’un est devant moi et ce labyrinthe me rappelle au respect de la vie : vivre au rythme des autres, attendre, être patient. Je me concentre alors et, comme le disent les personnes habituées du yoga, petit à petit, je lâche prise. Je suis comme les pèlerins. Je me fais humble. Je pense alors à la jolie présentation de Gilles Fresson (attaché de coordination de la cathédrale) pendant les visites "Chartres en lumières privilège", le labyrinthe évoque l’existence de l’homme. "Chaque virage représente les épingles à cheveux de nos vies, nous prouvant que celle-ci n’est pas une ligne droite tranquille".

Sur le chemin, je croise d’autres personnes. Sont-ils en avance sur moi ? Ou derrière ? Très vite, au fur et à mesure des méandres, j’ai perdu le sens du tracé. Je me suis retrouvée rapidement près du centre, puis la seconde d’après, en bordure du labyrinthe. Mon esprit vagabonde tranquillement. Je ne vois plus les personnes autour de mon chemin de pèlerin, ces curieux dont je faisais encore partie il y a plusieurs minutes. Le parcours se poursuit. La cathédrale me paraît immense au-dessus de moi.

En arrivant au centre, je n’ai pas vu le temps passer… Combien de temps ai-je passé ici ? Une heure environ où le temps m’est apparu comme suspendu. Je ressors de la cathédrale totalement reposée et détendue. Nul besoin de courir, le labyrinthe m’a donné une leçon.

Grâce à cette expérience, je peux maintenant dire "j’ai vécu la vie de la cathédrale". Alors, mon conseil : n’hésitez plus ! De mon côté, je compte retenter l’expérience prochainement.

 

- Véronique (C'Chartres Tourisme)