Il était une fois au fil de l’Eure… (2/2)

Fin d'une escapade en basse ville de Chartres

Reprenons notre balade sur les bords de l’Eure en ville basse de Chartres.

Souvenez-vous, dans ma précédente expérience, nous nous étions arrêtés au niveau du pont des Minimes et du Moulin de Ponceau. J’allais me rendre à la passerelle Saint-Nicolas près de la collégiale Saint-André, devenue aujourd’hui un lieu d’expositions pour le Chemin des Arts.

 

5# La passerelle Saint-Nicolas

C’est entre ses deux franchissements de l’Eure, que celle-ci dispose de sa plus grande largeur. Il faut savoir que dès le 2e siècle, cette rivière donnait la possibilité à des embarcations à faible tirant d’eau de s’y déplacer. Cela favorisait le commerce de céréales, de vin et par la suite de matériaux. Cependant, cette permission de navigation fut très fluctuante dans le temps. Quelques rois ont tenté de la faciliter. Cependant, son exploitation fut plusieurs fois interrompus pour diverses raisons. En égrenant ces faits dans mon esprit, j’observe des canards glissant doucement sur l’eau et me dis qu’autrefois, ce fut quelques bateaux qui réalisaient ici leurs manœuvres.

Tout à côté de la passerelle Saint-Nicolas, construite en bois en 1859 et reconstruite en fer en 1874, je vois la fontaine du même nom. Elle eut de nombreuses fois le rôle de point d’alimentation en eau potable pour les chartrains. Elle nous rappelle un métier d'autrefois : les "éviers" ou porteurs d'eau. Ils avaient pour mission d'aller au quotidien chercher de l'eau pour les habitants de la ville haute. 

 

6# Le pont Saint-Thomas

Pont Saint-Thomas - © Chartres Objectif (Lydie Gallais)

Ce pont en pierre a un côté intimiste. Accessible uniquement à pied, il nous donne un autre point de vue sur la collégiale Saint-André et ses arches brisées. En les regardant, je me demande à quoi pouvait ressembler la structure surplomblant l'Eure, accueillant le choeur de cet édifice religieux. Cela devait être impressionnant, sans aucun doute. 

Je jette un regard à un lavoir situé à proximité du pont. Nous arrivons en fin de balade et je me dis que les illuminations des ponts de la ville basse de Chartres, à l’occasion de Chartres en lumières, autour de la thématique des "rêveries d’une lavandière", ont vraiment tout leur sens. Elles ont été un des témoins du quotidien de ce quartier. Comme moi aujourd’hui, je les imagine dans leurs pensées tout en battant le linge.  

 

7# Le pont du Massacre

En traversant le pont du Massacre pour rejoindre la rue de la Brèche, dernier arrêt de ma balade, je m’arrête pour observer le panorama qui se montre à moi sur ma droite. Cette vue est si apaisante à mes yeux avec ses lavoirs jouxtant l’Eure. Une atmosphère ressourçante qui semble bien paradoxale avec le nom des lieux : le pont du Massacre.

Quel massacre ? Y aurait-il eu un événement dramatique en cet endroit dû à une quelconque guerre ? C’est souvent la question que m’ont posé mes proches au sujet de ce terme. En vérité, cela n’a aucun rapport avec un conflit. En fait, le "massacre" se réfère à un abattoir. En 1500, un hangar important est construit à cet effet. Il avait pour but de permettre aux bouchers d’y abattre leurs bêtes plutôt que dans leurs échoppes. On peut le voir sur le tableau représentant le siège de Chartres de 1568. Cependant, nombreux sont ceux ne l’ayant pas employé et ainsi, il ne joua jamais réellement le rôle voulu soit celui d’assurer une hygiène indispensable à la ville (soumise à de multiples reprises à la peste).  

Le saviez-vous ? Les métiers des bords de l’Eure sont représentés à travers les vitraux de la cathédrale de Chartres, découvrez-les à travers la visite guidée "Chartres, cité médiévale" à la fin du confinement. On appelle ce type de réalisations : les vitraux des donateurs. Diverses corporations ont fait des donations pour voir l’exercice de leur profession, représenté sur ses murs de verre. Au-delà de permettre de valoriser leurs activités, elles permettaient également de mettre en avant leur prospérité.

© Source des informations historiques : "Chartres, par rues, tertres et monuments" de Guy Nicot