-A +A

Itinéraire d’un devoir de mémoire

Et si l'on prenait le temps de se souvenir de notre Histoire à travers la visite de nos lieux de mémoire ?

Parcourir les lieux de mémoire de Chartres et ses environs

Prendre le temps de se souvenir

Dans l’esprit de la plupart d’entre nous, Chartres est associée en premier lieu à l’époque médiévale. Cependant, on ne peut la résumer à cette période de l’Histoire et aujourd’hui, je vais particulièrement m’intéresser à son rayonnement en tant que lieu de mémoire.

Dans notre destination, de nombreux monuments et sites commémoratifs sont là pour nous rappeler des temps plus sombres de notre Histoire. Depuis mon installation en Eure-et-Loir, j’ai pu :

  • en croiser quotidiennement dans les rues de Chartres, s’inscrivant dans le parcours du Chemin du Mémoire par exemple ;
  • Me rendre dans d’autres lieux de mémoire en explorant l’agglomération : à la gare de la Taye (sur les pas de Jean Moulin), à Maintenon (sur les pas de résistants), ou encore au Séminaire des Barbelés au Coudray (sur les pas de Franz Stock).

Si certains lieux m’ont plus ému que d’autres, chacun m’a touché à sa manière.

Être touchée par ces sites et monuments chargés d’histoire

Les lieux où je me suis rendue sans guide m’ont déconcerté. Je n’ai pu m’empêcher de faire un voyage mental, quelques décennies en arrière. Me tenir dans ces endroits et me dire que de terribles événements s’y étaient produits : ça m’a troublé et fait réfléchir. N’est-ce pas le but du devoir de mémoire ?

Les autres monuments et villes dans lesquels j’ai cheminé avec un guide, m’ont littéralement transportée. Le voyage ne se faisait pas seule cette fois. Chaque guide donnait vie aux événements et aux personnes y ayant participé. Par exemple, lors de la visite guidée "à la découverte de Maintenon", j’ai pu me rendre compte du rôle du château dans la résistance lors de la Seconde Guerre Mondiale mais j’ai pu aussi m’approprier les actes de résistance s’étant produits à travers la ville : dans ses rues, sur ses ponts…

Mais l’une des visites guidées qui m’a le plus bouleversée est celle du Séminaire des Barbelés en compagnie de M. Briand, membre de l’association les Amis de Franz Stock.

 

Au cœur du Séminaire des Barbelés au Coudray

2nde guerre mondiale : histoire d’un camp de prisonniers en Eure-et-Loir

Situé au sud de Chartres, ce lieu invite à une vraie immersion dans le passé. Il fut un camp de transit des prisonniers français vers l’Allemagne entre 1940 et 1944, notamment des tirailleurs sénégalais et marocains.

À la fin de la guerre, ce fut au tour de prisonniers allemands d’y séjourner. En ce temps-là, le camp comptait plus de prisonniers que la ville de Chartres ne comptait d’habitants. Pour nous faire prendre conscience des conditions de vie qui y régnaient, M. Briand nous immerge dans l’état d’esprit français et allemand à cette époque et nous fait prendre conscience des restrictions en cours en cette fin de guerre. Le récit des faits est captivant, il est impossible de ne pas être ému à l’écoute des mots prononcés par notre guide et devant les images d’archives qu’il nous présente.

1944 : l’installation du Séminaire des Barbelés

Après nous avoir dressé ce tableau, M. Briand attire notre attention sur une initiative, indissociable de ce lieu : la création d’un lycée et d’une université de théologie dirigé par l’aumônier Franz Stock.

Abrité dans un des dépôts du camp de prisonniers du Coudray, entre 1944 et 1947, nous parlons ici du fameux Séminaire des Barbelés. Le but de cette entreprise était de créer un nouveau clergé allemand en vue de la reconstruction et de la réconciliation après-guerre. Initialement, le projet s’était monté à Orléans mais faute de place, il avait été rapidement transféré dans la région de Chartres.

M. Briand nous dépeint la personnalité et l’œuvre de l’homme qui se cache derrière l’aboutissement de ce séminaire : l’abbé Franz Stock. Un sacré personnage qu’il nous invite à mieux connaître. Tandis qu’il nous explique le quotidien des étudiants du séminaire, nous cheminons à travers les lieux. Nous y découvrons une reconstitution de lits utilisés pour le dortoir, et la chapelle du séminaire des barbelés où se trouve une peinture murale réalisée par l’aumônier lui-même et quelques prisonniers.

On sort de cette visite guidée avec l’envie d’en savoir plus sur cette période d’après-guerre et sur l’Abbé Franz Stock. M. Briand a le don de transmettre ce témoignage du passé avec une touchante authenticité et c’est pour cette raison que je ne peux que vous conseiller la découverte de ce lieu de mémoire méconnu et pourtant porteur de beaux messages.

 

- Aude (C’Chartres Tourisme)