Ses travaux de restauration

Depuis 1994, une campagne de restauration de la cathédrale a permis de redécouvrir le décor intérieur tel qu’il fut conçu au 13e siècle.

Une importante campagne de restauration intérieure depuis 2007

Le décor original du 13e siècle de Notre-Dame de Chartres s’offre désormais au regard du visiteur. Dès la fin des années 80, plusieurs études menées par des spécialistes de l’architecture médiévale avaient révélé la présence de différents décors superposés depuis la reconstruction de l’édifice, après l’incendie de 1194. Les services de l’État propriétaire et responsable de la cathédrale, ont engagé des travaux qui ont permis de mettre au jour l’enduit d’origine relativement épais, de couleur ocre jaune, généralement dans la masse, notamment destiné à masquer l’aspect irrégulier de la pierre de Berchères. Ainsi le brossage de l’accumulation de poussière et de suie et l’élimination des badigeons postérieurs a permis de rendre visible 70 % du décor originel très lumineux qui, joint au miroitement des verrières restaurées, transforme la perception de l’architecture du monument. Il reste à valoriser les bras du transept et les bas-côtés, le chantier reprendra en 2019. En 2017, les travaux concernent la chapelle Saint-Piat et la présentation du trésor (voir plus loin).

 

Le Tour de chœur appellation communément donnée à la clôture de Chœur

Le tour de chœur se dresse à plus de 6 mètres de haut et se développe sur une centaine de mètres. Commencé au début du 16e siècle, sa réalisation s’est poursuivie pendant environ deux siècles. Le très fort encrassement (essentiellement dû à la poussière et à la fumée des cierges) des parois et des ornements nuisait à la lecture de cet ensemble. Le nettoyage de la clôture du chœur, engagé en 2008-2009 (travée de l’horloge) se poursuit depuis 2013. Il y a 40 travées à restaurer. Pour les 14 premières, le chantier est achevé, pour la dizaine suivante, le chantier sera engagée en novembre 2017.

 

Un chantier d’experts

À l’image des grands chantiers des bâtisseurs de cathédrale, de nombreux corps de métiers interviennent au cours des travaux de restauration. Ces derniers se font sous la maîtrise d’ouvrage de l’État-Ministère de la Culture-DRAC Centre-Val de Loire, et sous la maîtrise d’œuvre de l’architecte en chef des monuments historiques, responsable des nombreuses entreprises qualifiées opérant sur le site. Un comité scientifique composé d’experts (conservateurs, historiens médiévistes, scientifiques, archéologues…) se réunit régulièrement pour décider des orientations du chantier. Le croisement de ces différentes disciplines permet d’enrichir la connaissance de ce patrimoine, bien commun pour les générations futures et d’accompagner les choix de restauration.

 

Des techniques minutieuses

Après les études préalables, les étapes d’un chantier sont nombreuses. La première est consacrée aux échafaudages : un amoncellement de tubes que des mains habiles emboîtent lentement, mais sûrement. Il a fallu près de trois mois pour installer ceux de la nef. Ensuite chaque artisan s’affaire à l’abri des regards… qui sur le nettoyage d’un chapiteau, la restitution polychrome d’une clé de voûte, ou la réfection d’un enduit…  Et les techniques de dépoussiérage se font pinceau, à l’éponge humide, à l’aspirateur ou au scalpel parfois. Pour désincruster les salissures des statues du tour de chœur, les restaurateurs ont appliqué une couche de latex qui, tel un masque, est retiré après séchage. Pour les parties très ouvragées et ciselées, la méthode du coton tige trempé dans de l’eau déminéralisée reste la plus simple et la plus sûre. 

 

Les vitraux

La pose des échafaudages a servi également à la restauration des verrières. Ainsi toutes les baies ont été déposées et numérotées dans un premier temps et transportées dans l’atelier de maîtres verriers. Elles ont été soigneusement regardées pour évaluer les protocoles à suivre pour les nettoyer, les restaurer et changer des plombs. Elles ont été ensuite démontées pièce par pièce, pour un nettoyage et une étude méticuleuse. La restauration a été l’occasion d’étudier la datation de chaque verre (critique d’authenticité). Le peintre-verrier est intervenu sur certaines pièces pour harmoniser les couleurs. Afin de les protéger des intempéries, lorsqu’elles sont reposées une verrière de doublage en verre thermoformé reproduisant les reliefs du vitrail est fixée à l’extérieur. 

 

La chapelle Saint-Piat et le trésor

Le chantier de la chapelle Saint-Piat est engagé. Construite au 14e siècle, cette chapelle, située au chevet, dans l’axe de la cathédrale, fut conçue comme reliquaire à l’origine pour abriter les reliques de saint Piat. En 1961 la chapelle devient la salle du trésor de la cathédrale, mais elle est fermée au public en 2000 pour améliorer les conditions de conservation et de présentation des objets du trésor. Le préalable à ce projet est avant tout la restauration extérieure de l'ensemble de la chapelle (couverture, charpente et élévations extérieures) qui sera achevée en novembre 2017.

Quant à la présentation du trésor, il est prévu que la salle capitulaire qui avait été aménagée en caveau des évêques en 1905, accueille du lapidaire, notamment des éléments sculptés du jubé de la cathédrale daté du 13e sècle. et démontés en 1763. Des peintures murales conservées sur le haut des parois font actuellement l’objet d’une intervention de conservation préventive. La chapelle Saint-Piat accessible par un escalier droit depuis le déambulatoire du chœur recevra une série de vitrines dans lesquelles l’orfèvrerie ancienne et moderne sera présentée, ainsi que des ornements liturgiques et des ex-voto. La réouverture du trésor est prévue pour début 2019.

 

Le mécénat

Mais il faut rendre hommage ici aux Mécènes, et notamment à trois associations particulièrement actives auprès de l’État pour accompagner financièrement certains chantiers. Il s’agit des Amis de la cathédrale, Chartres Sanctuaire du Monde, et  American Friends of Chartres, qui accompagnent la restauration des verrières de la cathédrale et de Saint-Piat, et la restauration du tour du chœur.

Si la cathédrale et son décor continuent de se faire une beauté, elle n’a pas fini de nous révéler encore de nombreuses surprises au fur et à mesure des campagnes de restauration.