Chartres, le culte à Marie

Le voile de Marie, offert en 876, par le roi de France Charles Le Chauve, consacre Chartres au culte de la vierge et en fait une ville sanctuaire.

À Chartres, le culte marial est omniprésent : statues, verrières, chapelle... Le pèlerin vient au sanctuaire pour prier la vierge Marie, présente près de 170 fois dans la cathédrale. Mais quel est l’origine de ce culte de Marie ?

 

La légende de la Virgo Pariturae

À Chartres, une légende née au moyen âge dit que les gaulois, bien avant le christianisme, auraient honoré ici une vierge qui allait enfanter quelque part dans une lointaine contrée en orient. Cette légende de la Virgo Pariturae a profondément marqué le sanctuaire marial et la volonté des chartrains de construire ici un édifice de pèlerinage important : la cathédrale.

 

La Sainte Chemise

En 876, le roi de France Charles le Chauve offre à la cathédrale la Sainte Chemise (Sancta Camisa), nommée aujourd’hui voile de la vierge. Cette relique précieuse aurait été portée par Marie le jour de la naissance de Jésus, ce qui en fait une des reliques les plus précieuses pour les chrétiens : liée à Marie et au Christ lui-même comme un témoignage de l'incarnation de Dieu sur terre. Mais d'où vient cette relique ?

Charles le Chauve détenait ce voile de son grand-père Charlemagne qui le conservait dans son palais à Aix-la-Chapelle. L’empereur Charles l'avait reçu en présent de l'impératrice Irène de Byzance, impératrice du Saint-Empire romain d’Orient à Constantinople. Ce voile était recensé dans les listes de reliques que détenait la grande Constantinople au 5e siècle de notre ère.

En 1194, lors de l'incendie de la cathédrale, on le crut perdu à tout jamais. Mais, c'était sans compter le réflexe de prêtres qui ont pris le reliquaire où se trouvait le voile pour se réfugier dans la crypte. On dit qu'ils ont passé 3 jours sous terre à attendre. Et qu’à la ressortie, la foule les acclama. La ferveur fut telle que les financements pour la reconstruction affluèrent.

C’est en 1712 que l’on ouvre le coffret où se trouvait la relique. À ce moment, on s’aperçoit qu’en guise de chemise, il s’agit en fait d’un tissu de soie d’un demi mètre de large et de 5,30 mètres de long. La relique quitte alors son nom de Sainte Chemise et devient le Voile de la Vierge.

Morcelée à la révolution, un petit morceau est gardé dans la crypte, alors que la plus importante partie est exposée dans la cathédrale dans un reliquaire réalisé au 19e siècle.

Une expertise fut réalisée en 1927 par les grandes soieries de Lyon et donne en datation le 1er siècle de notre ère. La technique de tissage correspond également à ce qui se faisait en Palestine dans cette période.

Ce voile fut un des moteurs pour les grands pèlerinages mariaux du moyen-âge.