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Eglise Saint-Aignan

Nichée au cœur de la ville haute, l’église Saint-Aignan est une belle surprise pour ses visiteurs par la richesse de ses peintures et ses vitraux.

Située non loin de la cathédrale, au bout de la rue des Grenêts et de ses hôtels particuliers du 16e siècle, l’Église Saint-Aignan fait partie des églises incontournables lors de votre visite de Chartres. L’intérieur est une magnifique surprise et la richesse de son décor en surprendra plus d’un.

 

Un édifice à la fondation très ancienne

La légende dit que c’est Saint-Aignan qui fonda cette église au cœur de la cité chartraine au Ve siècle. Elle fut rapidement la première paroisse de la cité : sa situation à l’intérieur des murs et sa proximité du château situé alors sur l’actuelle place Billard (marché couvert) en font une de ses églises remarquables.

Détruite puis reconstruite aux 15e / 16e siècles, elle présente alors une architecture de style gothique. Malgré tout, totalement entourée de constructions et de maisons, le portail principal reste de dimension modeste. Le chœur repose sur les murs des anciens remparts du 9e siècle. En 1514, le chœur devient instable et Jehan de Beauce, architecte qui travaillait sur la cathédrale et la Collégiale Saint-André, réalise une expertise en vue de sa consolidation. C’est au 16e siècle également qu’est ajoutée la petite porte d’entrée de style renaissance.

 

 

Un décor polychrome

Lorsque vous rentrerez dans l’église, vous serez frappé par la richesse des polychromies. La charpente, en forme de carène de bateau renversé, date de 1625. Initialement prévue en pierre, la voûte de pierre n’a jamais été construite : la légèreté de cette voûte entièrement peinte et restaurée au 19e siècle donne à l’église un aspect très chaleureux.

Vous admirerez également les peintures sur l’ensemble des murs de la nef, soulignant les piliers et le triforium. Ce décor a été conçu en 1865 par Émile Boeswillwald, architecte alsacien qui avait travaillé avec Viollet-le-Duc et restauré la Sainte-Chapelle à Paris. Ce décor coloré, idéalisant le Moyen-Âge, fut mis à l’honneur par les romantiques et Prosper Mérimée. Il s’agit ici d’une création aux influences diverses : orient byzantin ou moyen-âge. Les couleurs employées sont vives : rouge, rose, jaune, bleu et vert. Elles sont parsemées de quelques touches de blanc et noir pour souligner l’architecture. On remarque également de nombreux motifs floraux en guirlande le long des piliers. Ces peintures prennent toute leur lumière en début d’après-midi quand le soleil est au zénith.

 

Des vitraux du 16e mais également du 19e siècle

Outre ses peintures, l’église Saint-Aignan présente une grande richesse dans ses verrières. Si la cathédrale de Chartres vous offre un panorama de l’art du vitrail du 12e et 13e siècles et l’église Saint-Pierre du 14e siècle, Saint-Aignan vous invite à découvrir de lumineuses verrières du 16e siècle. De nombreux vitraux avaient été cassés et dispersés à la révolution. Lors de la restauration de l’église, certains panneaux ont été assemblés malgré leurs histoires différentes à l’image de Sainte-Barbe associée à "Adam et Eve chassés du paradis". Lors de votre visite, un vitrail sera votre incontournable : "Saint-Michel" réalisé par Jean Jouan en 1547. Dans le déambulatoire, derrière le chœur, prenez le temps d’admirer de lumineuses verrières du 19e siècle réalisées par le maître-verrier Lorin à Chartres.

Notre clin d’œil : le peintre de Montmartre Maurice Utrillo, qui était venu à Chartres, a réalisé un tableau représentant la façade de l’église Saint-Aignan. Alors, envie de pousser la porte de l’église ? Croyez-nous, vous ne le regretterez pas !