Enclos de Loëns

Au fil des siècles, classé monument historique en 1862, ce lieu remarquable de Chartres a vécu de nombreuses existences avant de devenir un endroit dédié à l’art du vitrail, le Centre International du Vitrail.

 

L’enclos de Loëns, un monument historique aux multiples vies

La propriété du chapitre de la cathédrale de Chartres

Autrefois, il fut la propriété du clergé de la cathédrale de Chartres. À l’extérieur du cloître Notre-Dame, il constituait un vaste ensemble aux multiples fonctions.

Ce n’est qu’à partir du 12e que l’on peut imaginer la vie qui s’y déroulait. Au cours de cette période, les magasins de stockage qui le composent vont prendre de l’importance. C’est ainsi qu’au 13e siècle, le grenier constitué de 3 nefs va être construit, séparées par 6 piliers, coiffés de chapiteaux sur lesquels repose la voûte. Celle-ci est réalisée en pierre de tuffeau, les piliers sont pour leur part en pierres de Berchères, le même matériau utilisé pour la construction de la cathédrale de Chartres.

En effet, le clergé utilisé l’Enclos de Loëns comme lieu de stockage des denrées perçus avec la dîme, un ancien impôt prélevé par l’Église sur les récoltes. Cela représentait un dixième des récoltes de chaque paysan beauceron. À l’époque, les terres de Chartres et de ses environs produisaient vendanges et moissons.

Suite à sa construction, le grenier de Loëns conservait le grain tandis que le cellier de Loëns était l’endroit où était entreposé le vin. Par ailleurs, en complément des espaces de stockages, des fours ont également été mis en place. Ainsi, ils produisaient du pain et toute l’organisation du lieu était sous la direction du Clerc de Loëns.

En 1344, on note la présence d’un prétoire, soit une salle d’audience d’un tribunal. Le chapitre de la cathédrale de Chartres disposait effectivement d’un pouvoir de juridiction à cette époque. Le juge ecclésiastique portait le nom de maire de Loëns. Ainsi, au sein de cet ensemble de bâtiments, des locaux servaient de prison.

Au cours des siècles, le bâtiment a subi tellement de transformations qu’aujourd’hui, on ignore l’emplacement des fours comme de la prison.

Le saviez-vous ? L’origine du mot "Loëns" dispose deux hypothèses. D’une part, on attribuerait son étymologie à "Loetum" qui signifie "location", soit une notion de loyer, de vente à la crié. Une désignation qui pourrait avoir du sens du fait de son statut sous la gestion du clergé de la cathédrale de Chartres. D’une autre part, on rattacherait son origine au mot "Lauhen" issu de la langue parlée par les Francs (d’origine germanique). Un terme qui signifie "Grange", ce qui aurait également tout son sens.

 

L’Enclos de Loëns suite à la révolution française et sa restauration

Après qu’elle fut nommée la maison de conciliation en 1793, le lieu est investi par la suite par les services de la manutention militaire. Ils y assurèrent la fourniture en pain de la garnison. Puis, entre 1884 et 1885, ils quittèrent les lieux pour aller s’établir rue des Comtesses. Livré à lui-même, le bâtiment devint un lieu de stockage municipal. On y entreposait notamment du sel, ce qui eut pour effet de dégrader la voûte.

Fait surprenant, au début de la cinématographie, le cellier de Loëns devint une salle de cinéma où l’on présenta le fameux film des frères Lumière "L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat".

C’est en 1974 que l’Enclos de Loëns est restauré en bénéficiant de la loi Malraux (1962). Pour la restauration, un compagnon charpentier fut engagé afin de bénéficier d’une grande fidélité vis-à-vis de l’architecture de charpente d’origine à 3 pignons datant du 13e siècle.

Suite à sa restauration, c’est le Centre International du Vitrail qui s’y installe et qui sera inauguré en 1980 en présence du Président de la République Valéry Giscard d’Estaing et le fondateur, Pierre Firmin-Didot.